Finit le jeu, les jeux, le piment de mon existence.
J'ai airé dans ma vie comme on aire dans une tragédie de Racine.
Hermione version mec.
Où suis-je ?
Qu'ai je fais ?
Que dois-je faire encore?
Quel transport me saisis ?
Quel chagrin me dévore ?
Ah ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais.
Sophie m'a assassiné!
Trucider, égorger, baiser, enculer et tant d'autres rimes tarées.
Et puis j'ai fini par y penser à l'imparfait.
Me résoudre au bonheur fade de ma naissance.
L'amour, la famille, le boulot, l'antenne parabolique, du Racine je vous dit.
J'vous présente ma vie vers 35 ans : J'avais tout. Une femme, deux enfants, trois potes, quatre crédits, cinq semaines de vacances, six ans dans la même boite, sept fois mon poids en matériel hi fi, huit coïts conjugaux par trimestre, neuf fois le tour de la terre en emballage plastique couvert de polystyrène, de paquet de jean's ouvert bio dégradables... Et dix ans sans voir mon père. Le bonheur. La panoplie du parfait tyran que j'avais rêvée toute mon enfance.
Et là ça a été le pire.
Plus rien.
Plus rien pendant 10 ans.
Plus rien pendant 3 652 jours et 3 653 nuits.
Sacrée Sophie, le jeu avait repris sur les chapeaux de roue.
Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied !
C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l'héro,
mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy.
Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze, masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise.
Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane.
Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l'intégrale des muppets-show, la fin de 2001.
Mieux que le déhanché d'Emma Peel, Marilyn, la schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford.
Mieux que la face B d'Abbey Road, les solos d'Hendrix, le petit pas de Neil Armstrong sur la lune.
Le space-mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du dalaï-lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson.
Mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques.
Mieux que la défonce de Sade, Rimbaud, Morisson et Castaneda.
Mieux que la liberté.
Mieux que la vie…